Congrès 2012

 

La pensée de Viktor Frankl, psychiatre autrichien à l'origine de la logothérapie, reste méconnue en France. Pourtant, nous devons à ce médecin de nombreuses découvertes, parmi lesquelles l'intention paradoxale reprise par l'école de Palo Alto. Mais la logothérapie est avant tout une psychothérapie fondée sur la volonté de sens...
Dans chaque situation concrète de son existence, par delà les déterminismes biologiques ou psychologiques qui peuvent le contraindre, l'être humain a toujours la possibilité d'orienter sa vie vers un sens. Cette orientation vers ce qui donne du sens à l'existence ne se fait pas au hasard. L'être humain est attiré
par des valeurs qui guident ses choix. Sa décision doit prendre en compte son aspiration légitime à la liberté, mais aussi son sens de la responsabilité, pour lui même et pour autrui.
La personne qui achoppe sur cette question du sens, encourt le risque du vide existentiel, problématique sans doute emblématique de la post-modernité dont Frankl a pressenti l'importance et que nous retrouvons dans de nombreuses circonstances psychopathologiques (dépression, addiction, trouble borderline,
etc.).Pour venir en aide à la personne, le logothérapeute s'appuie sur une véritable clinique des valeurs (de vécu, de création et d'attitude), et de leurs conflits sous-jacents. Il dispose également de méthodes propres, comme l'intention paradoxale, la déréflexion ou la modulation d'attitude, qui ont un impact thérapeutique majeur. Son accompagnement, tourné vers le futur du patient,
n'hésite pas à faire appel eu dialogue socratique et à l'humour. C'est dire la fécondité de l’œuvre de Frankl, et l'apport de la logothérapie pour la pratique de la psychiatrie d'aujourd'hui.